Dynamique vs. fusion
Une opération de fusion du rachis est-elle indispensable?
Les maladies dégénératives du rachis peuvent entraîner de fortes douleurs. Cependant, la opération de fusion, aujourd’hui largement pratiquée, présente également des inconvénients. Des nouveaux implants dynamiques donnent de bons résultats à long terme.
Les manifestations d’usure du rachis sont largement répandues dans notre société.
Chez de nombreuses personnes, les dégénérescences qui en résultent sont pratiquement indolores. Ces personnes sont la plupart du temps des individus actifs, sportifs, qui présentent une bonne couverture musculaire ainsi qu’un bon équilibre entre les muscles extenseurs et fléchisseurs.
En revanche, les dégénérescences douloureuses apparaissent lors d’un stress monotone dans la vie quotidienne, d’un manque d’activité et d’une mauvaise posture corporelle.
Les maladies dégénératives du rachis conduisent fréquemment à un traitement médical et à une intervention chirurgicale. Les états avancés de la maladie nécessitent souvent la réalisation d’une opération stabilisante, appelée spondylodèse. Cette technique consiste à relier deux corps vertébraux voisins à l’aide d’un système de tiges et de vis, et à les immobiliser, empêchant ainsi le mouvement causant les douleurs dans le segment correspondant du rachis. Depuis 1948, cette technique occupe une place de choix dans le traitement chirurgical des maladies dégénératives du rachis.
À ce jour, elle est considérée comme le standard de référence. En raison de la charge accrue infligée aux disques intervertébraux adjacents, des opérations subséquentes sont parfois nécessaires, relativement peu de temps après la spondylodèse proprement dite. Les milieux spécialisés indiquent un taux de récidive de près de 40% après cinq ans. Pour cette raison, les ingénieurs et chirurgiens sont depuis plusieurs années à la recherche de solutions permettant d’éviter ces opérations de fusion vertébrale.
Si, lors de l’opération du rachis, il est nécessaire de procéder parallèlement à une décompression, c’est-à-dire à une décharge du canal rachidien et des nerfs, l’opération s’effectue à partir du dos. Si, ce faisant, une hypermobilité ou une instabilité devait apparaître ou qu’elle existait déjà avant l’intervention, ces segments mobiles devraient être par ailleurs renforcés ou même immobilisés. À ce stade se pose la question cruciale suivante: quelle stabilité est nécessaire pour offrir au patient un résultat le moins douloureux possible à long terme? Depuis le début des années 1990, le système Dynesys®, largement mis en œuvre par l’entreprise suisse Protek, s’est établi comme un concept couronné de succès. Cet implant encore régulièrement utilisé aujourd’hui et relativement peu mobile donne des résultats positifs ainsi qu’une dégénérescence seulement tardive des segments vertébraux voisins.
Afin de modifier la rigidité et d’adapter l’implant à la taille, à l’activité et aux proportions anatomiques du patient, cette idée a été désormais repensée; un nouvel implant a été créé en se basant sur ces expériences: SpineShape offre aux patients dont le rachis n’est pas durablement endommagé une stabilisation dynamique des vertèbres lombaires au moyen de tiges flexibles. En prenant en compte l’usure existante, la statique du rachis et l’état des disques intervertébraux, le spécialiste peut opter pour l’un des trois types de rigidité existante des tiges longitudinales. Chaque patient obtient ainsi une stabilisation dynamique adaptée individuellement.
Le spineshape S-IV offre à l’utilisateur une option de traitement après l’épuisement des possibilités thérapeutiques conservatrices. Il est conçu pour garantir que les structures existantes – en particulier les disques – peuvent être préservées sur le site et ne doivent pas être retirées ou modifiées de manière irréversible par l’ossification. Les structures conservent leur fonctionnalité de base. Grâce à la réversibilité du système, d’autres options thérapeutiques restent possibles en cas de dégénérescence persistante.